Accessibilité des sites internet
Fracture numérique
Le web non-discriminant comme réponse
La "fracture numérique" n'est pas celle qui passe entre ceux qui ont internet et ceux qui ne l'ont pas - celle-là se résorbera toute seule avec le temps - elle est entre ceux qui ont accès à l'intégralité des contenus distribués (pages web, objets multimédias, documents à télécharger, applications en ligne, etc.) et ceux qui n'ont qu'un accès partiel, incomplet ou inutilisable. Cette fracture-là n'est pas prête de se résorber, au contraire, elle a plutôt tendance à s'accroître : plus les documents web sont complexes, plus la part de public qui en est exclus est importante.
A l'époque des débuts du web public, vers les années 91-92, il n'y avait en gros que des textes à consulter... les risques de ne pas pouvoir y accéder étaient minces... ceux qui se souviennent de Lynx savent de quoi il est question :-) Avec l'irruption d'un web moderne beaucoup plus graphique (apparition des images, puis du son, puis de la vidéo), beaucoup plus riche d'interface (événements à la souris, apparition d'Ajax et des langages d'interactions directes sur les contenus), beaucoup plus performant grâce à des outils plus puissants (navigateurs ou autres) la discrimination est allée en s'amplifiant. Ce qui d'un point de vue théorique n'est pas problématique - après tout ça n'est que le reflet de la réalité non-virtuelle où un non-voyant n'a pas accès aux images, ni un illettré à la lecture de textes... - le devient si l'on considère le développement potentiel de l'outil internet dans sa logique de média :
- il n'est pas du "papier en ligne", il n'obéit pas aux mêmes règles que ce qui relève de la "galaxie Gutenberg" (médias analogiques, audios, imprimés, etc.),
- de plus en plus de services sont et seront disponibles en ligne ; corollairement, de moins en moins "en vrai".
La problématique des services en ligne
Tant que le web n'était qu'un outil "alternatif" (venant en plus...) à la disposition d'une minorité d'utilisateurs plutôt jeunes, plutôt de milieux aisés, plutôt tournés vers la techno-consommation, la "fracture numérique" n'en était pas réellement une : on allait toujours à la gare acheter ses billets de train, on regardait les informations à la télévision, on lisait des journaux, on recevait ses factures par courrier, etc. Avec la multiplication des services en ligne deux problèmes commencent à apparaître :
1. Les offres online ne sont pas les mêmes (acheter un billet d'avion moins cher hors-ligne est plus difficile qu'online par exemple, les promos y sont également plus difficiles à trouver dans la mesure où de plus en plus d'annonceurs publicitaires migrent des parts de plus en plus importantes de leurs budgets vers le web...). Il y a donc discrimination à partir de critères non-objectifs.
2. Un certain nombre de produits dématérialisés disparaîtront rapidement du "monde réel" : c'est le cas notamment des factures, relevés bancaires ou de consommation, formulaires administratifs, etc, tout un tas de documents lourds à gérer, chers à fabriquer et à envoyer, couteux en énergie, pesant sur la déforestation, etc. Ceux qui ne pourront y accéder seront plus pénalisés qu'avant internet.
Il y a donc, entre ceux qui peuvent intégralement accéder à ces services et les autres, plus qu'une légère différence : il y a passage d'une vraie fracture sociétale. Ce qui était plus ou moins admissible (et encore, on peut en discuter...) dans la "vraie vie" - par exemple qu'une personne en fauteuil roulant ne puisse monter seule un escalier - ne l'est plus dans le monde virtuel d'internet : autant un immeuble adapté fait peser des coûts supplémentaires élevés, autant un site accessible est équivalent à sa version non-accessible.
C'est la raison pour laquelle aux États-unis notamment, parce que le judiciaire y joue un rôle prépondérant, des associations de personnes handicapées ou éprouvant des difficultés invalidantes commencent à traîner de grosses compagnies devant les tribunaux pour discrimination numérique (voir page "Accessibilité et interopérabilité" : refus de vente.). Pour l'instant aucune n'a encore gagné mais c'est comme contre l'industrie du tabac il y a quelques années, ce n'est qu'une question de brèche ouverte et de jurisprudence. C'est la raison pour laquelle l'Angleterre et l'Espagne viennent de se doter de dispositifs législatifs concernant l'accessibilité des documents numériques, et que l'Europe est à la recherche d'une loi-cadre d'harmonisation.
Cette discrimination, outre le fait quelle est d'autant moralement condamnable qu'il est à la portée de chacun de la faire cesser rapidement, est surtout condamnable économiquement : pourquoi se priver de 5, de 10 ou de 15% de clients potentiels supplémentaires ? Les pratiques web discriminantes nées il y a dix ans quand moins de 2% de la population était connectée sont toujours d'actualité. Continuer dans cette voie, c''est se tromper d'outil et se tromper d'époque. Nous ne sommes plus en 1997-98 et pourtant c'est de cette époque que date le modèle "site internet" auquel chacun de nos clients se réfère, et que chacun de nos clients attend de nous. Cette époque est finie.
Accessibilité, et plus si affinités...
Le web non-discriminant, dans la définition que nous portons, n'est pas qu'un web accessible aux publics à handicap : il est un web global ouvert à tous quels que soient les choix ou contraintes de chacun. Il est l'avenir et la maturité de l'outil.
Quel que soit l'internaute et ses contraintes individuelles, quelle que soit la machine qu'il utilisera, quel que soit l'univers par lequel il consultera les contenus numériques (voir Blog : "cube HMS"), le web non-discriminant dépasse la notion de site accessible destiné à des publics-cibles pour atteindre à l'universalité des contenus. Certes ce n'est pas pour demain matin, mais ça avance un peu chaque jour. Nous vous invitons à consulter les articles du blog ou les petites actus qui traitent de ces questions.
L'aveugle le plus célèbre du web
Finalement ça vous est égal parce que vous n'avez pas de clients
non-voyants ? J'en connais au moins un, si : il s'appelle Google... Il ne voit ni
images ni effets graphiques, il ne sait pas si ça bouge ou si ça
ne bouge pas, il ne sait pas si c'est rouge ou bleu. Il ne comprend que les
textes... et encore, il faut lui structurer correctement pour qu'il puisse en
tirer parti.
Ne serait-ce que pour lui, passez à l'accessibilité
et au non-discriminant !
Nos engagements :
- développer vos projets web dans cette logique de modernité
- optimiser vos contenus et outils numériques
- accroître votre potentiel clients-visiteurs
