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12 février 2008

Selon Wikipédia, le web 3.0 (succédant au 1.0, 2.0 et 2.5) répond à certaines
caractéristiques :
- on ne se réfère plus uniquement a un site Web ((X)HTML), il peut être
aussi une solution Web SAAS (application: (X)HTML + base de données (XML, MySQL, ...)).
- la mobilité : il doit être indépendant de tout type de support
(taille d'écran, sortie imprimante, etc.)
- universelle : il doit être indépendant de tout système d'exploitation,
et de tout matériel (fabriquant, marque, logiciel, ou de plugin).
- accessibilité : strictement en conformité avec le W3C,
ce qui permet de rendre d'autres logiciels accessibles et ouverts aux bases
de données diverses.
Derrière cette définition de caractéristiques a minima - en dessous desquelles l'appelation, telle une AOC, devient abusive - se dessine donc un web non-discriminant avec ses contraintes d'interopérabilité, de robustesse, d'accessibilité, de convergence et de mutabilité appliquée au contenu unique.
Mais la question du contenu unique se heurte à plusieurs écueils :
- technologiques : comment restituer aujourd'hui (janvier 2008) du contenu web
complexe sur des objets de métavers par exemple,
- conceptuels : peut-on considérer comme "contenu unique" un mashup
de données ?
Un mashup est un agrégat d'informations numériques provenant de
sources diverses. On peut imaginer une interface web avec des bouts de textes
informatifs provenant d'autres sites (syndication RSS, Atom), des images en
provenance d'ailleurs (Flickr), des vidéos (Youtube, Dailymotion), des avatars
de SL, etc. Plus un certain nombre d'outils pilotés par Ajax. On n'est plus
du tout là dans une notion de "site web" mais plutôt dans celle de "bureau
virtuel" ou celle de Saas ( Software as a service ) : une application
internet.
[ Très rapidement, un Saas peut à terme remplacer votre ordinateur tel que vous le
connaissez : les outils logiciels (traitement de texte, d'images, de vidéos...)
sont en ligne et non plus sur votre disque dur, le stockage de vos données
(texte, images) est externalisé sur des serveurs dédiés qui pemettent, en
utilisant des micro-formats pour les décrire, de les partager avec d'autres
utilisateurs au sein de réseaux sociaux, les projets collectifs se traitent
à distance via des solutions wiki, etc., le tout une fois mixé ( mashup )
se consultant sur un UA (user-agent), une machine normalisée capable
de restituer ce contenu de façon utilisable. ]
La notion de contenu unique ne détermine donc pas une unité de contenu voulue par un auteur mais ce qui est envoyé à l'UA. Il n'y a pas de discrimination de contenu préalable à la distribution (par exemple des contenus différents destinés aux ordis, d'autres destinés aux mobiles, d'autres enfin destinés aux publics handicapés) ; la discrimination se fait par l'utilisateur lui-même, notamment par le choix de son UA et de la façon qu'il aura de s'en servir, que ces choix et façons soient imposés par contraintes (handicaps particuliers, limites technologiques) ou librement consentis (technogeek). Pour mémoire, il y a une dizaine d'années on trouvait encore des sites web édités en deux versions, l'une pour IE l'autre pour NS. On mesure le chemin parcouru, sauf peut-être par certains tenants de l'accessibilité qui s'évertuent à construire des doubles sites, un pour les handicapés et l'autre pour les non-handicapés, démarche aberrante qui nécessite une double conception, une double maintenance, une double mise à jour, et continue à discriminer les êtres au regard de critères que l'ère numérique permet justement d'abolir.
La non-discrimination numérique, sous forme 3.0 ou autre, consiste à laisser l'utilisateur s'auto-discriminer. Nous n'avons pas d'autre service à lui rendre que celui de le laisser pouvoir assumer pleinement les conditions d'interaction dans lesquelles il va, veut ou peut se placer vis-à -vis du contenu distribué.