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Web non-discriminant : approches théoriques

Le cube HMS [2]

12 juillet 2008

Illus
Pour anticiper les risques : innover

En gros, internet est constitué de cinq "objets" indépendants quoiqu'interdépendants : un serveur, un réseau, une machine, un outil logiciel, un contenu à utiliser. Plus un sixième, l'utilisateur, qui seul in fine expérimente le résultat de la conjonction des cinq premiers et en tire satisfaction ou pas. S'il y a insatisfaction c'est qu'un des cinq n'a pas rempli son rôle : soit le serveur était en carafe, soit le tuyau était bouché, soit l'appareil était cassé, soit le logiciel était planté, soit le contenu était inutilisable.

En termes d'innovation et de recherche, les premiers relèvent de la logique industrielle lourde : concevoir des tuyaux (de la fibre optique aux satellites) ou des machines (ordinateurs, téléphones mobiles de 4ème génération) n'est pas à la portée de micro-structures. Les deux derniers en revanche, plus immatériels, relèvent d'autres logiques, notamment de prestations intellectuelles.

Là où en revanche une ligne de fracture nette s'établit entre les quatre premiers et le dernier, c'est dans la démarche d'innovation : tuyaux, machines et softs de demain s'inventent et s'élaborent dans des pôles d'innovation, dans des laboratoires, au sein d'équipes pluridisciplinaires. Cette ligne de fracture se retrouve intacte dans la démonstration d'innovation. On peut montrer qu'un serveur va plus vite qu'un autre. On peut montrer qu'un tuyau transporte mieux. On peut montrer qu'un matériel plus puissant tourne plus vite. On peut montrer qu'un logiciel a des performances supérieures. Que peut-on montrer d'un contenu, sinon le contenu lui-même ?

C'est cette part la plus immatérielle du web - immatérielle parce qu'elle se réduit à l'expérience utilisateur qui ne peut être ni montrée ni démontrée (il n'y a pas deux utilisateurs identiques, il n'y a donc pas reproductibilité de la capacité des contenus à être utilisable de façon optimum) - qui échappe aux grands mouvements d'innovation et aux flux financiers qui les accompagnent.

Or les contenus auraient-ils par ontologie, de par leur nature même, vocation à rester en deçà des démarches innovantes ? Certainement pas. Seulement la place où ces innovations peuvent trouver à se travailler n'est pas au sein de laboratoires de recherches ou de pôles de compétitivité : elle est au plus près du tissu industriel ou social, là où du contenu est produit quotidiennement.

Alors reste à définir les démarches et les méthodes. Et d'abord cerner l'enjeu. Qu'est-ce qu'une innovation en terme de contenus ? C'est ce qui les insèrera dans l'innovation globale du web ; c'est ce qui mettra les contenus en cohérence avec la capacité des serveurs à servir, des tuyaux à transporter, et des machines et outils logiciels à restituer.

La résistance globale d'une chaîne est toujours celle de son maillon le plus faible. Ce n'est pas le rôle du contenu que d'être ce maillon, puisque par définition il est ce pour quoi les autres existent : le transporter et rendre possible son utilisation.

Quels enjeux pour les contenus ?

Soit un utilisateur lambda pourvu d'un gros tuyau et d'un UA performant ( user agent : machine + logiciel) lui permettant d'interagir à sa guise avec les contenus qu'on lui distribue : il peut les choisir, les trier, les modifier, les adapter, bref, les gérer à sa guise simplement parce qu'il le peut et parce qu'il le veut : c'est là toute la définition du web 2.0. A l'opposé exact de la galaxie Gutenberg où le contenu était distribué sous une forme prédéfinie non-modifiable, non-éditable, non-adaptable (livre, affiche, CD, site web 1.0), le contenu web de demain - demain commençant dès maintenant - devra s'offrir aux possibilités offertes par ce qui le restitue : l'UA.
- l'UA devient un petit écran de téléphone ? Le contenu s'y contraint.
- l'UA devient un logiciel à synthèse vocale ? Le contenu est audible.
- l'UA permet de changer les couleurs, tailles et formats des images et des textes ? Le contenu se transforme.

La production de tels contenus adaptables préfigure et modélise le contenu unique à venir.

Ce contenu unique, idéal, on peut en modéliser les limites : il est accessible (100% des utilisateurs peuvent interagir avec lui), il est interopérable (100% des UA peuvent le restituer), il est convergent (100% des supports / environnements de consultation peuvent l'interéchanger). Cette modélisation peut se conceptualiser sur la forme d'un cube tri-dimensionnel Hommes-Machines-Supports (cube HMS) comme exposé dans le premier article (19 avril 2008).

Cube HMS 1 : Demarche Web non-discriminant


Toute innovation, qu'elle soit au niveau d'une application web (Saas), qu'elle soit au niveau d'un UA, qu'elle soit au niveau d'une méthode de production de contenu, trouve son point d'impact dans la dimension du cube. Par exemple :

Cube HMS 2 : Points d'impact Innovations
VDN : une démarche d'innovation

Nous vous proposons d'inscrire dès aujourd'hui vos contenus web dans une démarche innovante pour anticiper les risques de demain : accroître leur accessibilité [H+], leur interopérabilité [M+] et leurs convergences [S+] (cône mauve ci-dessous).

Cube HMS 3 : Plus-value interventions VDN

Nous vous invitons à consulter les pages "Solutions web" et "Second Life" où sont exposées les applications pratiques de ces différents concepts.