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2 octobre 2008

Suite de l'article "Graphic World". Chaude discussion durant deux jours sur un forum professionnel (plusieurs pages et plusieurs intervenants) au sujet du rôle de l'interface graphique dans un site web. De mon point de vue elle ne doit venir qu'en surcouche optionnelle, vision apparemment peu partagée par mes confrères pour qui le design graphique d'un site est partie intégrante du sens qu'il porte : sans elle pas de message cohérent. Et tout aussi peu partagée par nombre de mes clients. Quelques extraits du débat pour faire le point sur cette question qui engage des enjeux bien plus larges que la simple question de l'aspect de vos sites. Ces extraits devant refléter l'ensemble du débat je ne pouvais pas les réduire à deux ou trois sans limiter la portée de la réflexion des uns ou des autres : cet article est donc logiquement l'un des plus longs du blog.
Ne prenez pas les charges un peu sévères contre "les clients" pour argent comptant, lisez cet article si possible jusqu'au bout et vous verrez que vos intérêts seront intégralement préservés... Et essayez de passer outre le jargon parfois un peu trop technique. J'ai rajouté [entre crochets] des précisions utiles au non-technicien que vous êtes peut-être. Les contributions sont anonymes et une ou deux petites choses ont été modifiées dans les interventions pour que leur sens reste compréhensible hors-contexte. Les intertitres sont rajoutés.
C'est sous ce titre un rien provocateur que j'ai lancé le débat suite à une autre discussion portant sur le graphisme web en général. Quelques-uns des arguments développés dans mon premier post :
Après le web 1.0 des années 90-2000 où l'internaute ne pouvait intervenir ni sur le contenu ni sur l'aspect, est apparue au début du siècle l'ère du web 2.0 et des UGC (user-generated contents) où cette fois le contenu des sites/blogs, non-fixé, est simultanément produit par les auteurs et par les utilisateurs. Autant les réalisateurs de sites (graphistes, designers, webmasters) ont activement et massivement accompagné le mouvement (l'explosion d'Ajax en témoigne) parce qu'il ne remettait pas en question leurs prérogatives (maintenir et contrôler la forme/aspect) autant l'émergence d'un web s'affranchissant de ce contrôle (disons un genre de web 3.0 pour aller vite) est perçue comme un danger.
La mise en page, le graphisme, l'aspect final, la forme des choses auraient-ils vocation à être le dernier bastion imprenable dans la course du média vers sa maturité ? Alors que depuis longtemps les producteurs de contenus (journalistes, universitaires, photographes, artistes, etc.) ont appris et accepté - parfois sous la contrainte économique et technologique - que s'arcbouter sur une pseudo-légitimité à se maintenir comme seul producteur autorisé possible était aberrant, voilà que maintenant ce serait à notre tour de défendre cette attitude archaïque tout aussi aberrante ?
Conditionner l'accès et l'utilisation d'une info à l'aspect qu'elle prend est contraire à la règle de séparation entre contenus et formes. Si une info passe par de la couleur, ce n'est plus du web. Si une info est accessible et utilisable quelle que soit sa couleur alors cette couleur peut être changée par l'utilisateur si il en a envie. Si cela ne change rien pour l'auteur de l'info, ça peut en revanche tout changer pour l'internaute. Et ce qui est valable pour la couleur est valable pour le reste : il y a clairement d'un côté ce qui relève du contenu (l'info distribuée) et de l'autre son emballage ; on ne peut ni ne doit confondre l'un avec l'autre. Si l'info distribuée (texte, image) est insuffisante à porter seule son sens c'est que le texte est mal écrit, ou que l'image est mal choisie ou mal utilisée, ou etc. Ce n'est pas surajoutant un sens porté par "l'emballage visuel" qu'on palliera aux faiblesses de conception : c'est en travaillant les contenus à la base, loin en amont.
Le dernier bastion à faire tomber est celui de l'aspect. La preuve ? Lequel d'entre vous (professionnel s'entend) n'a jamais été confronté à un appel d'offre portant entre autres sur l'obligation de répondre à tel ou tel critère (accessibilité par ex) alors que le choix du prestataire se fait sur un visuel. L'immaturité des clients (demander quelque chose sans capacité à l'évaluer en retour) fait qu'ils se rabattent sur ce qu'ils peuvent contrôler, le graphisme, parce que pendant des années on leur a pris la tête avec nos notions de mises en page, de lisibilité, de confort de lecture, de relation textes/images, de charte graphique, de rôle des couleurs, etc. Pourquoi s'étonner après si ils réagissent sur un projet web de la même façon que sur un projet papier ?
Les réponses se sont globalement organisées autour de la problématique de la pertinence du design dans l'offre globale internet : un design graphique fait pleinement partir de cette offre et on ne peut pas fictivement scinder le contenu (le fond) de son aspect qui le met en forme. Quelques interventions de différentes personnes :
1. Le fait que l'information ne soit pas dépendante d'une seule interface ne suffit pas pour s'affranchir d'un travail de graphisme. Un bon graphisme est parti intégrante d'un média mature, un exemple l'interface de Google Map. Celui qui a déjà conçu une carte géographique, qui est un des exercices d'ergonomie visuelle les plus difficile, s'aperçoit que c'est un travail graphique de super qualité, dans le sens ou ces cartes sont capables de communiquer beaucoup d'informations de nature différentes avec une bonne lisibilité. Je ne crois pas qu'ils aient laissé ce travail qu'aux seuls développeurs de leur API [note : une API est une application web, comme Google Maps par exemple]. Le débat est un peu systématique entre les programmeurs qui prônent la fonction et les designer qui prônent la forme.
2. La première objection porte sur les arguments que tu évoques, et que tu sembles rejeter. Je pense que tu caricatures ces arguments, qui ne sont pas aussi facilement mis de côté. [XXX] a rappelé -- et bravo à lui, sa réponse est excellente et limpide! -- quel type d'importance la forme peut avoir, et comment forme et fonction peuvent interagir. Je pense qu'il a bien contredit, ou du moins nuancé, ton affirmation selon laquelle "Si le contrôle de la mise en forme est nécessaire et impératif pour un accès et une utilisation correcte et complète de l'information sur un média imprimé, il est en revanche un frein pour le web." Au final, je crois que ton propos est trop généralisé, et qu'il dit peu de choses concrètes. Les "résistances" et "bastions à faire tomber" dont tu parles sont approximatifs, et tu ne précises pas ce que serait le Web ou un projet web sans ces résistances et une fois ces bastions écroulés.
Extraits de mon post en réponse :
Sur le fond rien n'empêche que demain GoogleMaps se consulte en volume 3D (GoogleEarth) et donc que l'excellent interfaçage relevé par [XXX] ne soit en définitive qu'une réponse temporaire : en l'absence de toute possibilité d'usage autre que graphique, l'interface doit être parfaite. Ou : dans le cas d'un usage exclusivement graphique, l'interface doit être parfaite. Ça ne démontre en rien que le graphisme soit intrinsèquement nécessaire, ça démontre juste que là, précisément, on en a absolument besoin parce qu'on ne sait pas encore comment faire autrement.
La question de la forme qu'elle prendra relève de choix. Aujourd'hui tout le monde utilise ceux faits par le designer. Pourquoi demain ne seraient-ce pas ceux de l'utilisateur ? Tout simplement parce que telle qu'elle est encore majoritairement produite, l'information (les contenus) ne peut être utilisée sans la couche graphique qui effectivement lui apporte le complément de sens dont on a encore besoin. 100% d'accord avec vous là-dessus. Mais ça ne préjuge pas qu'il en sera toujours ainsi, parce que justement - et c'est ce que je voulais montrer - ce media permet de s'affranchir de cette couche graphique. Qu'on ne le puisse pas encore aujourd'hui est autre chose. Ça pose notamment la question en boucle de l'oeuf et de la poule : tant que l'information ne sera complètement utilisable que préalablement mise en forme, on aura besoin de designers pour la mettre en forme... et tant que ce sont des designers qui la mettront en forme on aura besoin de cette couche rajoutée. C'est sans issue.
En résumé, dans le "papier" on dit : tu as un espace fini, formé, dans lequel tu mets ce que tu veux n'importe comment : la mise en page est là pour remettre ça en sens en même temps qu'elle le met en forme. Dans le web on inverse les données : tu as un espace illimité, non-formé, dans lequel tu ne peux mettre que des objets en sens, car il n'existe aucune garantie qu'une forme ultérieure pourra l'apporter.
En gros je vois plus nos métiers évoluer vers de l'accompagnement de producteurs, en leur mettant à disposition des outils d'assistance capables de structurer, de hiérarchiser, de découper finement (sémantiquement ?) les objets qu'ils produisent en entités cohérentes etc.
D'autres intervenants :
1. Le maître mot est ici devra. On parle bien au futur. Et es technologies web et leur implémentation étant ce qu'elles sont à l'heure actuelle, elles ne permettent pas encore de se passer de cette couche. Et ça ne va pas s'arranger dans un futur proche, à moins, peut-être, que le web mobile ne décolle comme il faut et force les gens à se poser les bonnes questions. La plupart des prospects et clients n'ont pas encore cette vision des choses, et ne sont pas près à payer pour ce genre de prestations. (Du coup on est obligé de ruser quand ils veulent quand même des résultats. lol )
2. Aujourd'hui, la présentation (au sens large) est gérée par les concepteurs de sites pour le cas d'usage principal (navigateur web sur ordinateur desktop), et souvent laissée à la charge des UA [note : un UA est un outil capable de restituer des contenus internet, par ex un navigateur mais aussi un lecteur d'écran à synthèse vocale] pour les cas d'usages secondaires (cf. le travail de restitution des lecteurs d'écran, ou les mécanismes adoptés par les navigateurs mobiles). À l'avenir, et si la production de contenus riches se généralise, il y aura sans doute une coexistence, suivant les canaux, entre présentation gérée uniquement par l'UA à partir des données riches, et présentation gérée par les producteurs de données (ou leurs prestataires, qu'ils soient ergonomes, graphistes ou techniciens). Ça existe déjà, dans une certaine mesure, avec la syndication de contenus: un contenu unique, identifié et segmenté (de manière non-standard et non publique, dans une base de données), est exploité par un filtre pour créer des pages web, et par un autre pour créer des flux XML. Le flux XML peut ensuite être présenté (avec tout un travail automatique de présentation) par divers outils, dont les navigateurs web eux-même, ou des outils plus évolués consacrés à cette tâche. Mais pour un même contenu, on propose à la fois une présentation préparée par les concepteurs du site, et une gestion possible par des outils/UA. Il se peut qu'à l'avenir la présentation soit gérée uniquement par les outils, et pas par les producteurs de contenus. Mais ça reste à voir.
Puis intervention d'un autre, ardent défenseur du "design web" :
Intéressant débat, mais je pense que c'est passer un peu vite le design à la trappe en le considérant comme "inutile" Il ne faut JAMAIS oublier que "media IS message" comme le disait Marshall McLuhan (ou plus exactement, The medium is the message") En gros le texte c'est bien joli, même sémantiquement, mais l'interface et les "à cotés" graphiques ce sont de gros "plus produits", qui eux aussi apportent du sens et du message, selon le public qui sont exposés aux médias. C'est un fantasme de dev que de croire que bientôt, la "surcouche" graphique disparaitra car elle est "inutile", et que seul le contenu compte. Une interface graphique ne sert pas seulement à formater le contenu, mais aussi a transmettre un message, des fois aussi important que le contenu textuel.
J'essaie ensuite de défendre mon point de vue :
Le compromis consistant à "faire du web" et "faire du graphisme" en même temps est-il la solution optimale, ou le média requiert-il une autre approche que celle que nous avons décalquée de l' "époque papier" ? Quant au fait que la couche graphique puisse porter un message aussi important que le texte, c'est bien là que le bât blesse, justement : soit c'est absolument vrai et absolument inévitable, et du coup j'arrête toute approche accessibilisante ou intéropérante et m'initie à Flash, puisque nécessairement quiconque n'accèdera pas à cette couche n'accèdera pas à l'information et je vois pas pourquoi je doublerais mon temps de travail pour un résultat inutile, soit alors c'est une "construction", un pur discours de graphiste, et je dois, en constatant que plus ça va et que plus les outils de consultation permettent à l'utilisateur de faire ce qu'il veut de la mise en forme livrée avec les contenus, m'interroger sur le rôle, le sens et l'utilité de cette mise en forme.
En gros deux options se présentent : la première consiste à dire qu'hors de la forme/aspect qui l'ordonne et lui confère sens aucun contenu n'est utilisable dans l'entièreté de ses potentialités : on ne peut accéder à, et utiliser pleinement, un contenu web qu'à la condition qu'un interfaçage contrôlé lui soit appliqué pour venir en compléter le sens et délivrer ainsi l'intégralité du message : contenu + mise en forme. La deuxième option est de se dire que la "révolution numérique" a apporté une radicale nouveauté que la "révolution Gutenberg" ne portait pas : la possibilité de découpler le contenu de sa forme. Et que vouloir continuer à faire supporter aux contenus le "corset de la forme contrôlée" est une attitude réfractaire archaïque.
Suite du débat par différents intervenants :
1. C'est vrai, et j'ai déjà fait l'expérience sur quelques sites, en passant une partie du temps normalement consacré a l'élaboration d'un design, à la structuration et à la rédaction de contenu, le résultat gagne considérablement en qualité. Paradoxalement, ou logiquement le graphisme aussi, parce qu'il devient vecteur de cette structure. C'est là peut être la différence entre nos approches, tu vois le graphisme comme une surcouche enjolivante, alors que pour moi en tout cas il permet de structurer le contenu et de renforcer le message. C'est aussi que le graphisme, c'est effectivement l'aspect, mais c'est aussi un concept, une idée qui doit avoir un sens.
2. Pourquoi vouloir faire tout blanc ou tout noir ? Ces interrogations n'ont aucun sens. Tout dans ton discours montre que tu perçois le graphisme comme "une couche", et je pense que tu te trompes, le graphisme c'est pas "une couche", il est un vecteur de sens au même niveau que le son, le contenu textuel, le support... Tu ne peux pas totalement désolidariser le fond de la forme sans perdre de sens, ou alors ça veut dire que ton graphisme était gratuit, et n'était qu'un "coup de peinture" remplaçable à l'envi, selon les "j'aime/j'aime pas" Tout est vecteur de sens, quand tu lis un texte sur un support imprimé, le texte apport du sens, mais également la mise en page, la typo, et jusqu'au grammage du papier qui va t'induire des notion et du sens que ne t'apporte pas le texte. Bref, pourquoi vouloir dissocier le texte et le graphisme, puisque les deux s'enrichissent mutuellement. Quand je fais un site, je le pense dans sa globalité, c'est un choix, c'est ma vision des choses que j'apporte aux autres, un sens que je veux leur transmettre. Aucun intérêt si ils veulent mettre leur CSS utilisateur, ils perdent le sens que j'ai voulu apporter. Résultat, une perte d'informations.
Là on est dans le vif : le web est-il ou pas un outil de com équivalent aux autres ? Suivront quelques échanges parfois rudes entre intervenants sur la question : produit-on des contenus pour une cible donnée ou les produit-on "universellement" ? Arguments des uns et des autres :
1. Pour qu'un moteur de recherche puisse indexer le contenu. Pour qu'un aveugle puisse le consulter avec une plage braille. Pour qu'un g33k irréductible qui ne jure que par Lynx puisse consulter le contenu. Pour que je puisse consulter le site sur mon iPhone. Pour ne pas avoir à tout refaire quand il faut remettre le contenu ou la mise en forme au goût du jour. Pour qu'un mal-voyant puisse le consulter dans des conditions confortables avec un lecteur d'écran. Pour qu'un n00b sous Linux qui n'a pas réussi à installer correctement son serveur X puisse trouver une solution à son problème. Pour pouvoir projeter le site sur un mur avec une résolution merdique. Pour apprendre aux rédacteurs à structurer correctement un texte. Pour laisser le contrôle du web à Google plutôt qu'à Adobe. Pour que je puisse dire que ceux qui ne le font pas sont nuls. Pour...
2. Ici je ne vois que différentes cibles. Il y'a des cibles qui se foutent de lire un site sur une plage braille, et pour qui l'anim flash apportera du sens.
3. Différents usages, oui. Différentes cibles, non. On ne cible pas un usage, mais une population. Or, une même personne peut consulter un même contenu par des moyens différents, et une population est constituée de ... plein de personnes. Scénario typique : je vois dans la journée, sur mon mac, un site qui m'interpelle, et je souhaite le faire partager à quelqu'un que je croise par hasard. Je sors donc mon mobile et j'essaie de lui montrer... Le site ne marche pas. Il y a des utilisateurs qui à un moment précis ont un usage donné. Rien à voir avec une cible, à moins de cibler spécifiquement la population des aveugles... ou la population des utilisateurs bons voyants dont l'unique accès au net est un ordinateur de bureau de moins de 4 ans avec un écran de 1280x1024, disposant d'une connexion haut débit, ... ce qui en termes marketing a un intérêt finalement assez limité.
4. Je travaille dans une grande webagency et on est devant cette problématique tous les jours. Ça ne nous empêche pas de produire des sites valide w3c quand necessaire, mais selon la cible on ne se gène pas non plus pour faire des bons gros sites flash avec 3D, after effect et musique, ou l'accessibilité en mode texte est nulle. Et au final ça n'est pas génant puisque la cible visée correspond bien. (en gros on s'en tape si tel site n'est pas visible sur mobile ou sur plage braille, pour parler crûment) Mais de toutes façons, quelle que soit la cible, quelle que soit le support, sur mobile ou sur station silicon graphic, le graphisme apporte du sens, et l'enlever enlève aussi du sens. Offrir cette possibilité est un bon point, mais la réponse a "Y'a t'il une utilité à produire du graphisme web ?" est définitivement "oui, sinon on perds du sens"
Je réinterviens dans l'échange :
Cette démarche, largement pratiquée par les agences web, s'appuie sur l'inconnaissance des enjeux du web à la fois par les agences et par les clients. Il y a 3 présupposés discutables dans ce que tu énonces :
un site web aurait une cible
(si monsieur X, non-voyant, veut offrir un cadeau (mettons un bel objet) à sa petite fille chérie, pourquoi n'aurait-il pas un descriptif précis sur le site d'une boutique en ligne de design afin de faire un choix en fonction des goûts de la destinatrice ? Autre exemple : madame Y, espagnole, veut consulter le site d'une boutique française mais ne parle pas le français : pourquoi ne peut-elle pas passer par un outil de traduction, ce qui suppose une version textuelle disponible ? Je pourrais te lister 50 autres cas similaires. D'un point de vue purement marketing, se passer volontairement de 0,5 / 2 / 10% de clientèle potentielle est tout simplement aberrant. Je ne connais pas UN SEUL client qui, informé, l'accepterait... Ceci ne fonctionne donc que parce que vos clients sont globalement désinformés.)
un site web serait fait pour être consulté depuis un outil privilégié
(je suis dans le train et j'ai besoin de consulter un site avant d'arriver à destination mais manque de bol j'ai pas mon portable, ou y'a pas wifi dans le wagon, ou etc... Je fais quoi ? je sors mon mobile. Exemple 2 : je suis au boulot et j'ai besoin d'un renseignement, je me connecte et crac, le site ne fonctionne que JS activé [note : Javascript, langage d'événements que certains UA n'ont pas nativement, source donc de problèmes potentiels], or dans la boite on n'a pas JS activé pour des raisons de sécurité. Là aussi, 50 autres exemples sont possibles. L'idée que des contenus sont liés à un outil particulier est typiquement l'idée de webagencies peu préoccupées par les émergences de nouveaux outils et de nouvelles pratiques, ou peu soucieuses d'efficacité en terme de service web offert aux utilisateurs. Là encore, je doute qu'un client bien informé l'accepte, d'autant qu'il aura à refaire son site intégralement dans 2 ans pour qu'il passe bien sur mobiles. S'il revient vers vous pour passer commande, explique-lui qu'on aurait pu faire autrement dès le départ, tu verras quelle sera sa réaction... Je suis prêt à parier qu'il aurait échangé le flash contre une interopérabilité !)
l' "oubli" de ces publics potentiels serait conditionné par un besoin impératif d'interfaces graphiques écran
(tout l'intérêt des standards est de proposer justement des solutions robustes d'alternatives utilisables. Le "besoin impératif d'interfaces graphiques écran" N'EXCLUT PAS la présence de dispositifs permettant d'autres usages. Seulement développer des sites qui soient à la fois riches graphiquement et dotés de ces dispositifs demande des compétences pointues et un réel niveau d'expertise. Là encore, je doute que ça plaise à vos clients s'ils étaient informés qu'ils perdent 0,5 / 3 / 10% de clients/visiteurs potentiels.)
Réactions :
1. Pourquoi ? Pourquoi faire ? Pourquoi le fait que tout le monde accède à l'info doit être primordial ? Je sais que cette question frise l'hérésie, mais si au fond on se fout que le mec dans le train ne puisse pas voir un site ?
2. Je crois que la vision (très pragmatique) qu'a [moi...] du média et ce qu'il prédit implique un changement de point de vue et une conception nouvelle du média que certains (dont moi-même au départ) ont encore du mal à assimiler et qui demande un minimum de remise en questions et de recul. Ce n'est pas l'accessibilité à tout prix mais l'accessibilité tout court dont tu n'as pas encore bien saisi le but. Ta démarche va à l'encontre d'une certaine éthique de conception et qui consiste simplement à rendre le site accessible à tous et non pas spécifiquement pour la cible principale.
3. A mon avis c'est là qu'est la conception nouvelle du média, la forme n'est pas figée, et elle n'est pas uniquement visuelle. Par exemple l'équivalent d'une composition graphique pour un navigateur d'ordi est, pour un mobile, divisé de la même façon mais en différentes pages, le rapport entre les deux n'est pas seulement graphique. Le liens est que pour le menu par exemple, se sont tout les deux des éléments de navigation. Donc si l'élément est distingué comme élément de navigation uniquement graphiquement il ne pourra pas être bien interprété. Ce qui revient à dire que si le graphisme en tant que composition a un sens, pour que se sens puisse être bien compris il faut qu'il soit communiqué également avec d'autre moyen (texte, structure, tag...). De mon point de vu cela n'enlève pas tout l'intérêt du design graphique, qui peut très bien garder une place dans la conception, mais là on pousse le concept plus loin (arrête moi si je me trompe) en disant que le principal c'est que mon élément s'appelle "main-nav", et que se sont les outils de lecture qui en fonction de leur contraintes visuel, sonore, ou autre (braille), seront comment restituer le contenu en fonction de cette information. Donc, pour reprendre l'idée, si les outils de lecture savent très bien comment retranscrire au mieux cette information, il n'y a plus d'intérêt a leur imposer une mise en page, au contraire même cela pourrait nuire à la qualité de visualisation. Attention, les outils de lecture ne savent encore retranscrire "main-nav" ou un microformat [note : un microformat est l'intégration "invisible" de définitions à l'intérieur de contenus web, par exemple appeler un menu "main-nav" ou "menu-de-navigation" permettrait de ne pas avoir à "mettre en page" vos menus pour qu'on les distingue comme tels ergonomiquement parlant, tout ceci serait pris en charge par l'UA...], nous sommes donc dans des suppositions. Ce serait un confort de production de document certain, il suffirait de leur attribuer les bonnes classes et div [note : supports possibles pour les microformats] pour être sûr que l'information soit parfaitement restituée sur tout les outils de lecture. Encore une fois, pour arrêter d'avance tout les graphistes qui vont crier à l'uniformisation, pour moi c'est une évolution qui n'empêche pas que l'on puisse définir un graphisme au document, c'est juste que ce n'est plus la même méthode.
4. Une fois de plus on voit que tu penses le graphisme comme une "couche" au lieu de le concevoir comme vecteur de sens et d'information. On ne parle pas d'¦uvre d'art mais d'art appliqué à la communication. l'information transite aussi par le graphisme, je ne vois pas ce qu'il y'a de difficile à admettre ça. Pour ton exemple de météo, c'est l'exemple typique où un widget mobile avec une photo de soleil et un attribut alt "beau temps" est suffisant, et même recommandé, puisque c'est de l'info, et en plus de l'info qui gagne à être accessible partout. Mais tous les contenus ne sont pas de ce type, et heureusement, c'est juste ça qu'il faut admettre, à moins de vouloir maintenir le web dans la préhistoire, ne rien expérimenter et surtout ne vouloir explorer aucune piste autres que "c'est celle pourquoi c'est fait, et d'ailleurs c'est écrit dessus". Il y'a différentes cibles, différents usage de ce édium qu'est internt, et il est DANGEREUX de vouloir le restreindre. mais pour répondre une fois de plus à la question initiale: OUI, il y'a plus que jamais besoin de faire du graphisme web, et du graphisme de plus en plus poussé qui pousse l'experience toujours plus loin.
Ensuite la discussion s'oriente sur la problématique du "sens" à donner : qui en est "porteur" ?
1. Une experience c'est unique. Il est possible que je ne VEUILLE PAS, pour diverses raisons, proposer du contenu brut. Parce que c'est moche, parce qu'on y perds, parce que ça n'intéresse personne etc... L'experience est un tout, et vouloir tout disséquer ne rime à rien, ou n'est pas pertinent dans certains cas. Voilà, c'est tout, c'est la liberté de pouvoir proposer un site comme on l'entends, c'est tout.
2. D'autant plus qu'avec un contenu riche de type "web sémantique" (qui dépasse le "flux texte" dont parle XXX), un User Agent [UA] pourra me proposer une présentation optimisée pour mon terminal (par exemple un livre électronique utilisant des techologies e-ink couleur) et mes préférences d'utilisateur. Il pourra m'alerter sur la présence d'une galerie d'images ou de vidéos, à consulter de manière efficace avec un rendu géré par l'User Agent, et m'alerter rapidement, sans que j'aie à attendre le chargement d'une animation sympathique mais qui ne m'intéresse pas forcément. Photos promotionnelles, vidéos, argumentaire commercial, fiche technique structurée que je peux parcourir et dans laquelle je peux faire des recherches, et tout ça avec un accès facileŠ moi je dis, ça peut être pas mal aussi. C'est justement cela que le web sémantique cherche à déconstruire, pour proposer des expériences adaptées aux besoins et désirs des utilisateurs, aux contraintes techniques et ergonomiques des divers terminaux, etc. Après, on adhère ou pas, on travaille dans cette direction ou pas... Ce que je me demande, c'est si les attentes des utilisateurs vont évoluer dans ce sens. Il se peut que dans quelques années un site comme celui que tu indiques (le mini-site Audi) soit inacceptable pour beaucoup d'utilisateurs d'ici dix ans.
3. Le contenu brut n'a rien à voir avec l'esthétique, il sert seulement à être exploitable par les machines (robots d'indexation...), les utilisateurs, et accessible... Tu as du mal à le comprendre on dirait.
4. ET si on admettais qu'on faisait des sites pour des humains et non pour des machines ?
Je réinterviens sur cette dernière phrase parce qu'elle me paraît problématiser correctement la question :
Raison de plus pour laisser l'humain décider ce qu'il a envie de voir et ce qu'il n'a pas envie de voir via sa(ses) propre(s) machine(s) paramétrée(s) à sa(ses) convenance(s) - ça en fait des options et des potentialités tout ça :-) - puisque pour la première fois dans l'histoire du monde la technologie le permet ; ce qui n'était pas le cas sous Gutenberg où l'information était distribuée de façon verticale ; ce qui fait qu'un émetteur distribuait un contenu nécessairement mis en forme ; ce qui contraignait le récepteur à le recevoir comme tel et à n'interagir que dans le strict cadre étroit de cette forme imposée; ce qui nécessitait effectivement des interfaces graphiques calibrées pour garantir une réception conforme ; ce qui etc, etc.
Pour répondre à la question, il n'y a plus utilité à produire du graphisme web en tant qu'interface contraignante. Il y a en revanche matière à proposer une possibilité de mise en forme parmi d'autres - les autres étant générées par les utilisateurs qui le désirent. La différence ?
- à produire de l'interface contraignante tu limites les interactions possibles aux seuls outils que tu délivres. A produire de l'interface optionnelle tu offres strictement le même service (un design ultra-graphique si tu as envie) mais EN PLUS tu autorises toutes sortes d'autres interactions potentielles avec les contenus, et
- à charger l'interface graphique "d'objets de sens" pour arriver à délivrer un message COMPLET (contenus+emballages) tu t'exposes à délivrer de moins en moins de sens à mesure que les utilisateurs, sans te demander ton avis, utiliseront tes contenus à leur convenance. C'est donc une démarche totalement contre-productive.
La suite se joue à deux pendant quelques échanges. Réponse de XXX :
Non. Si je créé une expérience, il est possible que je ne veuille pas qu'on l'éclate, car elle perdrait du sens. En gros certaines expériences ne se diluent pas. Le "chacun fait ce qu'il veut du contenu" c'est bien beau, mais si je te file tous les ingrédients d'un gateaux cru et séparé, tu seras bien avancé. Ok tu pourras faire ta cuisine, tu feras mumuse avec les ingrédients, mais en attendant ça ne sera jamais le gateau que je t'aurais servi. Et c'est au contraire très productif: on donne au gens ce qu'ils veulent, et ils sont contents, ça fait vendre.
Ma réaction :
Par exemple je me connecte sur le site d'une boutique d'objets de maison. Imaginons que ma cuisine soit toute bleue et que je cherche tous les objets bleus de cette boutique : sûrement que le designer/concepteur n'a pas pensé à cette approche. Alors deux solutions, ou le site est en flash (ou autre techno contraignante..) et je dois parcourir chaque page (puisqu'on m'impose un mode unique d'accès aux contenus) pour repérer les objets bleus, essayer de bookmarker tout ça pour les réafficher tous en même temps pour comparer, etc... bref, la galère... ou alors un dispositif me permet, via des microformats, via des événements sémantiques, via des modes de classements alternatifs ou que sais-je encore, d'accéder à cette information-là -- "tous les objets bleus" forme bien une information cohérente et sensée --. J'ai donc alors le choix entre passer par le dispositif pour arriver au bleu direct, ou alors de passer par le scénario de consultation "traditionnel" voulu par l'auteur : la page d'accueil, etc.
Il est évident que si j'affiche tous mes objets bleus il n'y a plus d'interface graphique contrôlable qui tienne, puisque ça dépend de tellement de facteurs que personne ne peut imaginer les englober tous dans une solution viable (on peut vouloir tous les objets ronds, ou tous les objets à moins de 20 euros...). Pour que ça reste utilisable et agréable, je passe donc mon UA en mode "paramètres perso" et je mets les titres comme ci, les images à telle taille, les légendes comme ça, etc... bref, je bricole là dedans. Et j'arrive à un résultat probalement plus utilisable, plus riche et plus pratique que n'importe quelle couche graphique incapable de prévoir l'usage que je ferai des contenus utilisés. Et y'a pire, un vrai cauchemar pour toi : je peux vouloir afficher tous les objets bleus en provenance de 5 boutiques en ligne différentes... bonjour "l'aspect graphique" et l'utilisabilité sans l'application d'une surcouche de paramétrages personnels ! ;-)
Immédiatement :
Ok, mais c'est UNE FOIS DE PLUS faire l'impasse sur le fait que si moi, marque de meuble de luxe, je ne SOUHAITE PAS présenter mon contenu avec tes histoire de bleu et compagnie, que je souhaite proposer MA vision de l'expérience UNIQUE à mes visiteurs, bah la sémantique je m'en tape.
De ma part :
Les médias antérieurs (livre, ciné, radio, etc) relèvent d'une logique de production que j'appelle "Gutenberg" et qui correspond à un type de communication et de présentation de l'information indissociablement liées à la technologie même de leur époque, et indissociablement liées à la pensée de leur époque, une époque où le mot "interactivité" n'existait pas et où le rôle des communicants était de contrôler les flux de production et de distribution de l'information (ce que tu appelles "expérience unique" et qui est une forme de verticalité hiérarchique). Nous ne sommes plus du tout avec le web dans ce type de médias et de relations à l'information. On peut appeler ça la "révolution numérique". Elle signifie qu'appliquer des savoirs issus des époques antérieures est se condamner à l'échec. On peut NE PAS VOULOIR que le web permette ceci ou cela. Mais ça suffit pas pour que ça n'arrive pas. Les utilisateurs vont plus vite que toi : tu ne veux pas que le web te serve dans sa logique et sa cohérence d'outil ? alors il te desservira.
D'un autre qui s'intercale dans le débat :
Perso, en tant qu'utilisateur, les sites en flash [note : Flash est une technologie web d'animation priopriétaire non-accessible et non-interopérable] ça me gonfle : dans beaucoup de cas c'est lent à charger et c'est antiergonomique au possible (pas de zoom, peu d'accessibilité, peu d'indexation par les robots, etc). Mais bon, j'accepte la chose si il y a un contenu alternatif et (si l'UA est capable de jouer du flash) si il y a un bouton pour revenir à ce même contenu alternatif en html. Il n'y a rien de plus énervant que de surfer avec son iPod Touch, d'arriver sur un site et d'avoir comme seul contenu une phrase sibylline me demandant d'installer le plugin flash dans mon navigateur. Comme disait Vinton Cerf [note : co-inventeur du web] il y a chaque jour 1 milliard d'ordinateurs connectés sur le net mais il y a environ 5 milliards de GSM qui sont virtuellement capable de surfer sur le net. Et dans ceux capables de surfer, quasiment aucuns n'ont le flash installé. Alors elle est où l'approche marketing là-dedans?
Extraits de ma dernière intervention :
La question est plutôt posée en terme de "contraintes". Une interface graphique portant des objets de sens, ou participant du sens (comme l'a bien présenté XXX avec sa notion d' "expérience globale") pose le problème de son absence : en l'absence de couche graphique, une part non-négligeable du message global disparaît ; du coup on ne livre à l'utilisateur non-graphique (quelles que soient ses raisons : UA, capacités physiques, mashup de sources disparates, etc.) qu'une version amoindrie. C'est ce qui se passe actuellement avec des notions comme celle de dégradation élégante, d'accessibilité malgré tout, d'interopérabilité partielle, etc. où l'idée est que mieux vaut quelque chose que rien, même si ce quelque chose est de plus en plus réduit à mesure qu'on s'éloigne de la configuration standard, le comble étant atteint avec Flash, où "pas de graphisme" = "pas de contenu" ou presque.
Or on constate que dans bien des cas la couche graphique portant un sens est un palliatif à une défaillance de structuration : du coup, s'en passer est effectivement perdre des parts de contenu. Cette défaillance de structuration n'est pas un accident ou une erreur : c'est le résultat d'une méthode. Se pose donc naturellement la question du pourquoi... et pour moi la réponse est liée à l'histoire du graphisme "gutenbergien" où contenu et aspect étant par nature indissociables l'on confie à l'un la mission de pallier à ces défaillances de l'autre. Ce qui n'était pas un problème en "papier" puisque la couche graphique venait faire son boulot en devient un dès lors que l'un peut exister et se présenter sans l'autre : c'est ça qui est radicalement étranger à nos cultures de graphistes. Toute la question tourne autour de ça.
Donc mon point de vue est que tant que des graphistes (j'en fais toujours partie) prendront en charge cette "part défaillante" des contenus, il n'y a aucune raison pour que cela change, puisque ça marche : les contenus sont effectivement consultables, utilisables, etc. dans leur version "mis en forme"... sauf que les nouveaux usages et les nouveaux outils rendent cette stratégie perdante à terme. Alors quelle stratégie concevoir pour demain ?
Le débat s'est arrêté là le vendredi soir et n'a pas repris le lundi matin. Ce sont donc deux conceptions du média qui s'opposent, l'une privilégiant sa radicale spécificité, l'autre l'additionnant simplement aux autres outils déjà existants et y appliquant les mêmes savoir-faire. L'avenir départagera. De mon point de vue, cet outil est encore immature et c'est vous, clients qui investissez parfois lourdement dans cet outil, qui au final en faites les frais. A choisir un prestataire pour votre projet web sur des propositions graphiques et critères de design (à quoi ressemblera-t'il sur mon écran ?), ne passez-vous pas à côté de votre rôle qui est d'exiger de vos prestataires internet des outils conformes à vos intérêts ? Encore faut-il savoir évaluer là où ils se placent et là où ils sont absents. Vaste question.
Question qu'on peut aborder sous un autre angle. Vous avez une boutique en ville et vous avez payé un designer-décorateur pour créer un espace commercial agréable et conforme aux goûts supposés de votre clientèle. Tout le débat exposé ci-dessus ne porte pas sur la question "fallait-il ou pas une déco dans ma boutique ?" mais sur la question "s'il existait un moyen pour faire que chaque client entrant dans ma boutique la recrée à ses goûts, mes ventes augmenteraient-elles ou au contraire diminueraient-elles ?" Laisser le visiteur classer, trier, présenter, détailler, consulter les objets à sa guise, dans l'ambiance qu'il veut et sous la lumière qu'il veut, c'est exactement ce que le web est capable de nous offrir... c'est juste nous qui n'en voulons pas. Pourquoi ?, vaste débat qui vous concerne directement (on prête à Henry Ford la phrase If I¹d asked my customers what they wanted, they¹d have said a faster horse. : "si j'avais demandé à mes clients ce qu'ils voulaient, ils m'auraient répondu un cheval plus rapide"), débat dont les clés pourraient être simplement "mais les autres font comme ça alors nous aussi." C'est oublier un peu vite que "les autres" ne sont pas nécessairement les mieux conseillés. Cette réflexion sur le rôle du design web est très crûment absente des approches webmarketing d'agences. Ça viendra, mais ça sera long. Comme le faisait justement remarquer Ian Jacobs (W3C / WAI / UAAG) :
Ce n'est pas tant les éditeurs de logiciels qui vont être difficiles à convaincre, car de plus en plus de pays imposent des normes qui vont dans notre sens, mais plutôt les développeurs de site. De manière générale, au bout d'une journée d'explication, nous arrivons à leur faire passer le message. Je ne sais pas si WAI implique un changement radical dans leur travail au quotidien mais il est certain que cette norme ne va pas sans engendrer des changement culturels auxquels, pour l'instant, la majorité des sociétés commerciales sont peu sensibles.
Cette citation clôturait mon premier post comme elle clôt cet article. UAAG signifie "User Agent Accessibility Guidelines", c'est la partie "outils web" des recommandations du WAI (Web Accessibility Initiative), émanation du W3C (World Wide Web Consortium), l'instance internationale chargée de développer les normes sur lesquelles les développeurs de logiciels de consultation (IE, Firefox, etc.) s'appuient pour nous proposer des outils stables et fiables. Les WCAG, "Web Content Accessibility Guidelines", l'équivalent de UAAG concernant la façon de produire des contenus web, est ce sur quoi nous appuyons tous nos développements internet. Nous ne pouvons donc que faire nôtre cette citation de Jacobs extraite d'un article dont le titre original est : Augmentez vos visiteurs de 50%.