Technologies web : approches théoriques
A l'heure de la convergence numérique
4 juillet 2008
Un numéro spécial du Monde d'octobre 2006 retrouvé par hasard à l'occasion d'un grand "vide-atelier" le week-end dernier propose une approche des enjeux sociétaux liés aux technologies et à leurs usages. Sous le titre "A l'heure de la convergence numérique" le sociologue Jean-Louis Missika, enseignant à Sciences Po, en propose une lecture tout à fait en phase avec notre propre démarche. "Convergence numérique, deux mots qui portent en eux les germes d'une révolution qui ne fait que commencer."
"Ce monde d'images omniprésentes et de média absent où la télévision est en train de disparaître, noyée dans un océan d'écrans, de terminaux, de réseaux, de portables et de mobiles"...
Extraits :
Nous vivons une période comparable à celle de la révolution industrielle, au début du XIXème siécle. Nous sommes confrontés à ce qu'on appelle une "technologie disruptive", c'est-à-dire qui bouleverse les règles du jeu et les positions de force des principaux acteurs du marché [...] Ceux-ci mettent en oeuvre des stratégies pour rester en position de force, mais fondamentalement, ils ne savent pas de quoi leur avenir sera fait.
Numérisation oblige, ce qui relevait de territoires et de métiers séparés sembl[e] appelé à devenir convergent, voire unique. Qu'un fichier numérique - image ou son - soit transporté par le satellite, les réseaux hertziens ou téléphoniques, et reçus sur l'ordinateur, le téléphone ou la télévision, cela rev[ient] au même.
Le succès foudroyant du téléphone mobile a suscité une erreur d'interprétation de la part des industriels. Le mobile ne nécessitait pas d'apprentissage ou d'invention de nouveaux usages, il simplifiait un acte quotidien et maîtrisé : le coup de fil. Pas besoin de comprendre ce qu'est le monde virtuel ou un réseau social. C'était faux.
La dimension multimédia des grandes marques d'information prendra de plus en plus d'importance. Aujourd'hui tout le monde est à la recherche d'un modèle économique. Chacun tâtonne. Mais à un moment donné il y aura une percée conceptuelle qui permettra de trouver la solution que tout le monde imitera.
Mais, plutôt que comme un média ultime, je définirais Internet comme un média éponge et mobile, car présent sur n'importe quel type de terminal. Un jour ou l'autre il deviendra le média dominant.
Commentaires
Le schéma classique "des contenus / un média" (qui se décline sous forme paradigmatique "des émissions-films-infos / la télévision" ou "des news-analyses-annonces / un journal" ...) est aussi périmé que celui qui se déclinerait sous la forme "mon offre internet / le navigateur web". Comme le dit J-L. Missika, peu importe comment le contenu est transporté (satellites, câbles, réseaux, fibres optiques), comment il est reçu (ordinateur, mobile, TV, radio), comment il est présenté (web 2D, 3D, audio, metavers) ou comment il est utilisé (web 1, 2 ou 3.0), ce qui importe c'est que les compatibilités et interopérabilités soient asssurées dans une logique sans rupture de "flux de convergence" garantissant son utilisabilité finale. C'est ce modèle économique qu'on peine encore à trouver.
Mais pas seulement : c'est aussi celui de vos sites et de vos projets web, confrontés aux mêmes enjeux et questions, même si ça paraît plutôt lointain comme perspective. Il y a quinze ans, quand nous avons démarré nos travaux internet, qui d'entre vous aurait placé un "cent" sur ce média si particulier ? Qui aujourd'hui oserait prétendre que son point de vue n'a pas changé depuis ?
Donnons-nous rendez-vous ici même dans cinq ans, en 2013, pour refaire le point sur ce que nous pensons aujourd'hui du "web de demain" ;-)

